En France, le diagnostic de TDAH chez l'adulte est posé par un médecin formé au TDAH, le plus souvent un psychiatre, au terme d'entretiens qui retracent vos difficultés actuelles et celles de votre enfance. Aucune prise de sang ni aucun examen d'imagerie ne permet de le confirmer. Le parcours commence en général chez le médecin traitant, et il peut être long : dans une enquête de l'association HyperSupers auprès d'adultes, il s'écoulait en moyenne près de 4 ans entre la première consultation et le diagnostic.
- Qui : un médecin formé au TDAH, en pratique surtout des psychiatres. Les psychologues repèrent et peuvent faire passer certains outils d'évaluation, mais le diagnostic final est médical.
- Combien : la consultation coordonnée d'un psychiatre de secteur 1 est à 57 € depuis janvier 2026, en partie remboursée. Un bilan neuropsychologique en libéral n'est pas remboursé, et il n'est pas indispensable au diagnostic.
- Ce qui change : une filière TDAH se met en place dans chaque région, avec des centres ressources dont l'ouverture est annoncée à l'automne 2026.
Étape 1 : faire le point sur vos difficultés
Avant toute consultation, il est utile de mettre des mots et des exemples sur ce que vous vivez. Le questionnaire le plus utilisé pour repérer un TDAH chez l'adulte est l'ASRS, développé avec l'Organisation mondiale de la santé : ses 6 premières questions indiquent si un examen clinique approfondi est justifié. Vous pouvez le passer gratuitement avec notre questionnaire de repérage du TDAH chez l'adulte (ASRS v1.1). Son résultat n'est pas un diagnostic : le guide officiel publié en 2026 par la délégation interministérielle aux troubles du neurodéveloppement rappelle qu'un seul questionnaire peut manquer jusqu'à 20 % des cas, et qu'il doit être complété par un questionnaire sur l'enfance et par des entretiens cliniques.
Rassemblez aussi des traces de votre enfance, car le diagnostic exige que des symptômes aient été présents avant 12 ans : bulletins scolaires et appréciations des enseignants, carnet de santé, souvenirs de parents ou de proches qui vous connaissaient enfant. Nous détaillons comment préparer ce dossier dans Des années d'attente pour un bilan TDAH ou autisme ? Que faire en attendant.
Étape 2 : en parler à votre médecin traitant
Passer par votre médecin traitant vous fait entrer dans le parcours de soins coordonné, ce qui conditionne le meilleur remboursement : après 25 ans, consulter directement un psychiatre reste possible, mais c'est moins bien remboursé (entre 16 et 25 ans, l'accès direct est remboursé normalement). Le médecin traitant fait le point sur votre santé et vous oriente vers un psychiatre libéral, une consultation hospitalière spécialisée ou un centre médico-psychologique (CMP).
Les textes officiels prévoient que le diagnostic puisse être posé par « tout médecin formé au TDAH ». En pratique, ce sont aujourd'hui surtout des psychiatres, et plus rarement des neurologues. Dans sa recommandation de 2024 sur l'enfant et l'adolescent, la Haute Autorité de santé (HAS) souhaitait ouvrir le diagnostic à d'autres médecins, dont les généralistes, après une formation spécifique. Dans l'enquête de HyperSupers, 52 % des adultes avaient été diagnostiqués en libéral, 43 % à l'hôpital ou en clinique et 5 % en CMP.
Étape 3 : l'évaluation diagnostique
Le guide officiel de 2026 décrit une démarche en plusieurs temps, souvent sur plusieurs rendez-vous :
- des entretiens pour vérifier, symptôme par symptôme, qu'il est ancien, qu'il a un retentissement réel sur votre vie et qu'il n'est pas mieux expliqué par un autre problème de santé, psychique ou physique ;
- un retour sur l'enfance, avec vos documents et, si possible, le témoignage d'un proche qui vous a connu enfant ;
- un entretien structuré, le plus souvent la DIVA-5, qui passe en revue chaque critère à l'âge adulte et dans l'enfance ;
- une fois le diagnostic posé, une évaluation du retentissement et des troubles souvent associés (anxiété, humeur, sommeil, addictions).
Un psychologue ou un neuropsychologue formé peut faire passer ces outils, mais le diagnostic final revient à un médecin. Dans cette même recommandation, la HAS estime qu'un bilan neuropsychologique n'est pas nécessaire pour poser le diagnostic : il est utile dans certaines situations, par exemple quand il faut distinguer le TDAH d'un autre trouble. Enfin, la HAS rappelle qu'il n'y a pas de limite d'âge pour évoquer un TDAH.
Combien de temps faut-il attendre ?
Il n'existe pas de statistique nationale sur le délai d'accès à un premier rendez-vous. La donnée la plus détaillée vient d'une enquête menée en 2020 par HyperSupers auprès de 445 adultes membres de l'association :
- premières difficultés repérées vers 21 ans, première consultation vers 31 ans, diagnostic vers 35 ans ;
- 3,8 ans en moyenne entre la première consultation et le diagnostic (3,1 ans pour les femmes, 5,6 ans pour les hommes) ;
- moins de 10 % des répondants avaient été diagnostiqués avant 18 ans.
Ces chiffres ne sont pas représentatifs de toute la population, mais ils rejoignent le constat officiel : l'instruction ministérielle de mai 2025 parle d'une offre de soins saturée, d'errance diagnostique et de délais d'attente longs. Pour ne pas perdre ces mois, consultez notre article sur ce que vous pouvez faire en attendant un bilan.
Ce que ça coûte en 2026
- Psychiatre : depuis janvier 2026, la consultation coordonnée d'un psychiatre de secteur 1 (ou adhérent à l'OPTAM) est de 57 €, remboursée en partie par l'Assurance maladie, le reste par votre complémentaire. En secteur 2, les dépassements d'honoraires restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle. Une participation forfaitaire de 2 € s'applique à chaque consultation, avec un plafond annuel porté à 70 € depuis le 1er octobre 2026.
- CMP : la consultation y est prise en charge par l'Assurance maladie.
- Bilan neuropsychologique en libéral : il n'est pas pris en charge par l'Assurance maladie. Les tarifs sont libres ; à titre indicatif, les montants publiés vont de 300 à 600 €. Certaines mutuelles en remboursent une partie.
- Mon soutien psy : jusqu'à 12 séances par an chez un psychologue partenaire, à 50 € la séance remboursée à 60 %, sans passer par le médecin traitant depuis le 16 mai 2025. Ce dispositif aide en cas d'anxiété ou de stress d'intensité légère à modérée, mais ce n'est pas une voie de diagnostic du TDAH.
- ALD : le TDAH ne figure pas sur la liste des affections de longue durée. Il n'y a donc pas de prise en charge à 100 % automatique ; une demande reste possible au cas par cas, par votre médecin traitant.
La filière TDAH : ce qui change
Une instruction ministérielle du 14 mai 2025 organise dans chaque région une filière TDAH pour tous les âges, adultes compris, en deux niveaux :
- premier niveau, repérage et orientation : professionnels de santé, psychologues, éducateurs, professionnels de l'Éducation nationale ;
- second niveau, diagnostic et prise en charge : médecins libéraux et hospitaliers formés, équipes de CMP, équipes expertes.
Chaque région doit avoir un centre ressources TDAH, labellisé par l'agence régionale de santé, qui prend en charge les situations complexes et doit publier un annuaire des professionnels formés. Le financement prévu passe de 3 millions d'euros en 2025 à 6 millions en 2027. Selon le bilan officiel de mai 2026, la filière est en cours de déploiement et les centres ressources doivent ouvrir à l'automne 2026 : renseignez-vous auprès de votre agence régionale de santé ou de l'association HyperSupers pour savoir où en est votre région.
Par ailleurs, la HAS prépare des recommandations dédiées au TDAH de l'adulte. Leur publication est attendue fin 2026, selon HyperSupers, qui participe au groupe de travail.
Après le diagnostic
- La prise en charge associe information sur le trouble, stratégies d'organisation, accompagnement psychologique et, si besoin, un traitement médicamenteux. Les médicaments du TDAH ne peuvent être commencés que par un psychiatre, un neurologue ou un pédiatre, en ville ou à l'hôpital, qui renouvelle la prescription chaque année ; entre-temps, tout médecin peut la renouveler.
- Au travail : la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), demandée à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), peut ouvrir droit à des aménagements de poste ou d'horaires. La réponse arrive en principe sous 4 mois.
- Le soutien entre pairs : HyperSupers organise des groupes de parole en visioconférence pour les adultes ayant un TDAH, et ses bénévoles orientent dans chaque région. La Société française du TDAH tient sa journée annuelle le 18 décembre 2026 à Talence, près de Bordeaux, ouverte aux professionnels comme aux personnes concernées.
Pour mieux comprendre le trouble lui-même, lisez notre guide TDAH chez l'adulte : le guide complet et notre article sur le TDAH et la dopamine.
Questions fréquentes
Un psychologue peut-il diagnostiquer un TDAH ?
Non. Un psychologue ou un neuropsychologue formé peut repérer un TDAH et faire passer des outils d'évaluation, mais le diagnostic final est posé par un médecin formé au TDAH.
Mon médecin généraliste peut-il poser le diagnostic ?
Les textes le permettent à tout médecin formé au TDAH, mais en pratique, la plupart des généralistes orientent vers un psychiatre. Un généraliste ne peut pas commencer un traitement médicamenteux du TDAH ; il peut en revanche le renouveler entre deux prescriptions annuelles.
Le bilan neuropsychologique est-il obligatoire ?
Non. Selon la HAS (recommandation de 2024 sur l'enfant et l'adolescent ; celle sur l'adulte est en préparation), il n'est pas nécessaire pour poser le diagnostic, mais il peut aider dans certaines situations. En libéral, il n'est pas remboursé par l'Assurance maladie.
Un test en ligne suffit-il ?
Non. Un questionnaire comme l'ASRS sert à repérer des difficultés et à préparer la consultation ; il ne remplace pas l'évaluation clinique, qui reconstitue votre histoire depuis l'enfance et écarte d'autres explications.
Peut-on être diagnostiqué à 40 ou 50 ans ?
Oui. Il n'y a pas de limite d'âge pour évoquer un TDAH, et dans l'enquête de HyperSupers l'âge moyen au diagnostic était de 35 ans. Il faut en revanche que des symptômes aient existé dès l'enfance, même s'ils n'avaient pas été reconnus.
Références : HAS (2024). Trouble du neurodéveloppement / TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents, relayé par Santé.fr | Instruction n° DGOS/P3/DI-TND/2025/51 du 14 mai 2025 relative à la filière de soins TDAH (copie ARS) | Délégation interministérielle TND (février 2026). TDAH et addictions : mieux repérer, orienter et prendre en charge | Bilan 2025-2026 de la stratégie nationale TND 2023-2027 (mai 2026) | Gétin C, Païs G, Roy S, Delivré-Melhorn J, Romo L (2022). Enquête HyperSupers auprès des adultes TDAH, présentée en janvier 2022 | Assurance maladie, communiqué du 22 décembre 2025 sur les mesures conventionnelles 2026 | Service-public.fr : consultation d'un psychologue ou d'un psychiatre, affections de longue durée, RQTH, plafond de la participation forfaitaire (2026) | Weibel S et al. (2020). Considérations pratiques pour l'évaluation et la prise en charge du TDAH chez l'adulte. L'Encéphale 46(1):30-40. doi:10.1016/j.encep.2019.06.005 | HyperSupers, groupes de soutien entre pairs pour adultes | SF-TDAH, 3e journée annuelle
